Stéphane Guénier : exposition

Stéphane Guénier présente 15 œuvres à la Galerie EST de Paris du 30 juin au 3 juillet 2022
Évelyne Grossman parle de son travail récent en ces termes :
« Ce qui frappe au premier regard dans ces nouveaux dessins de Stéphane Guénier, c’est leur luminosité, la vivacité de couleurs franches qui éclairent la feuille. Quelque chose sans doute s’est ouvert qui fait éclater çà et là ces bleus, oranges, jaunes ou verts clairs. Dans ces grands formats carrés (100 x 100 cm), on retrouve cependant ce qui fait la signature de l’artiste depuis des années : espaces divergents comme empilés ou juxtaposés, lignes brisées, traits discontinus, larges diagonales, croisements de routes, squelettes d’arbres, chemins ouverts qui s’interrompent soudain et ne mènent nulle part. Espaces accidentés. (...) »

L’exposition est organisée par Balmarys et se tient au coeur du 11ème arrondissement de Paris, au 76 Rue Saint-Maur à la Galerie EST. La galerie vous accueillera du Jeudi 30 juin au dimanche 3 juillet, de 10h à 21h (oui, même le dimanche). Le vernissage a lieu le jeudi 30 juin de 18h à 21h, Lise Berthaud (alto) interprétera la suite BWV 1007 de J-S Bach. Vous êtes bienvenus.

 

15 dessins sur des feuilles larges d’un mètre. Un homme court en tombant. Tiré d’un film d’action, d’une atroce situation, il court trop tard, court en sachant cela de la catastrophe, chère à Deleuze, qu’elle est dépassée. Il court malgré tout, lève le doigt. C’est un homme emporté, et il est parfois deux, charrié par la situation, par l’accident, par une vitesse qui n’est ni celle de la terre, ni vraiment celle de son corps, mais qui l’empêche d’être là. 
La silhouette de graphite ressemble d’abord à un athlète, à une nomenclature, à l’échelle du dessin. Si le corps est ainsi c’est que le reste est cela, qu’il y a un point de la vue. L’oeil peu à peu s’instruit, voit la main qui a tracé, dont reste trace puisqu’elle a gommé, puisque la mine a creusé la feuille, attaqué sa planéité et que, de cette confrontation chargée, entre la main de graphite et la feuille, naît la possibilité d’appréhender. Tout autour, ce sont souvent des grilles, des espaces quadrillés, mesurables, artificiels, si chers à l’art concret – renversés. Ce sont des textures qui ont d’abord pour charge de tromper l’oeil, de l’induire à chercher une forme de système, de mécanique du geste.Ce sont des garde-fous, des boucliers pour les horizons adjacents où l’infini se déploie.

4 dessins de Stéphane Guénier

Virtuose, on le voit dans les recoins, Stéphane Guénier est aussi pétri, c’est-à-dire matière manipulée par l’histoire de l’art, transie et condamnée. Or, l’histoire de l’art, de la peinture, c’est aujourd’hui une espèce d’impasse. Non que l’art soit mort, puisque ce déjà-fait, déjà-vu de la mort de l’art ne l’a pas éteint et qu’on en fait encore, que la matière, celle dont Stéphane Guénier comme d’autres, est la chose, continue. La spécificité de cette matière, qui est geste autant que résultat du geste, est peut-être de savoir. Savoir que l’au-delà est aussi dépassé, aussi suranné que l’Éden, que tout, partout, a déjà été. 
Les dessins rassemblés dans la série que nous voulons présenter laissent beaucoup de place au blanc et semblent à priori composés comme une juxtaposition de phénomènes qui évoquent cela de l’espace qu’il appartient à l’oeil qui regarde. Ils se déploient et court-circuitent tout ce qui n’est pas eux. Ils invitent au voyage tout en le réinventant.

Clare Mary Puyfoulhoux,
commissaire d'exposition​​​​​​​
 
 
À cette occasion, Balmarys édite :

Stéphane Guénier - 15 dessins
Texte d’Évelyne Grossman
330 exemplaires numérotés, 68 pages au format 26 x 21 cm.
Chaque exemplaire est unique. Tout du moins singulier.
Chacune des 330 couvertures porte la marque originale
et manuscrite de Stéphane Guénier.
Disponible ici

 

Biographie
Stéphane Guénier est né le 1er octobre 1970 à Paris. De 1989 à 1993, il suit les cours de modèles vivants de Pierre Lohner à l’EMSAT (École Municipale Supérieure des Arts et Techniques) à Paris. En 1990, il intègre l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en tant qu’élève invité à l’atelier Vladimir Velickovic. Dès 1991, il commence à exposer en galerie.

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1 commentaire

  • Malgré ma grande ignorance artistique sur l’art moderne ( malheureusement !!! )
    cette fois je retrouve le génie du début de ce grand Personnage STÉPHANE GUÉNIER

    Jean Pierre Maratray

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